vendredi 8 septembre 2017

Comment j'ai super réussi mon jardin sec

Bien chers vous toutes et tous, 
Sans attendre, pour me faire pardonner mes longs silences bloguistes, je vais vous livrer PAS A PAS l'incroyable RECETTE INRATABLE DU JARDIN SEC

A en croire la presse spécialisée, le talent des experts de jardins sans eau repose essentiellement sur un choix savant des variétés à installer. BALIVERNE ! Regardez attentivement la suite et vous constaterez que ma méthode à moi fonctionne avec n'importe quelle plante. Naturellement, quelques prérequis sont nécessaires pour le plein succès de l'entreprise : opérer sur une zone de l'arc méditerranéen, se cogner 3 périodes de sévère canicule, se prendre 4 mois sans pluie dans la gueule et ne pas négliger le vent bien sûr. Allez, démonstration :

C'était un rosier... il s'est parfaitement adapté au sec
A votre avis, faut-il mettre la tondeuse en vente sur le bon coin ?
Même les santolines en pot ont su s'accommoder de la canicule... la première canicule. Après, elles ont renoncé.
Oubli d'arrosage pendant une semaine et le résultat ne s'est pas fait attendre : Parfaitement sec jusqu'au bout des feuilles, un eucalyptus planté en novembre dernier.
Je l'avais déplacée en avril cette...quoi déjà ? ah oui, immortelle... cette menteuse fait moins la maligne. Vous apercevez aussi une euphorbe. Eh bien, sachez que  j'ai quelques euphorbes qui ont grillé aussi
Il s'agissait de l’œnothère du Missouri. Ouaip, en effet j'ai mi-souris en voyant son évolution.
Lui il repoussera : Phlomis russeliana
Dans un jardin sec, tu risques pas l'indigestion de framboises.
Le Phormium a un malaise...
....et la Cordyline pourpre aussi
Une heuchère est passée de vie à trépas...
..l'Hydrangea pétiolaris est au bord de la suivre (planté au nord, arrosé 3 fois/semaine)
C'était des Bidens mais je m'en fous.
euh là, c'était des Penstemons et je m'en fous pas.
Il reste quand même beaucoup de jolies choses sur lesquelles le sec n'as pas fonctionné : normal, on a triché et on a arrosé. Sédum José Aubergine
J'en avais mis plusieurs pieds un peu partout dans le jardin.
En plein cagnard, encore un sédum pourpre. Mais dans "plein cagnard", plein et cagnard sont en trop pour ces variétés


Grâce aux 1680 heures d'arrosage, grosso modo le jardin est resté potable !
Un des bouleaux en bac n'a pas compris ce qu'il se passait. Il s'est mis en coma très très profond depuis début juillet
Et puis j'apprécie des petites scènes comme celle-ci. Faut dire que ces anémones du Japon sont exposées à mi-ombre. Plus à l'ombre qu'à mi et les arrosages ont fait le reste
Là aussi les arrosoirs ont valsé tout l'été pour maintenir l'ensemble.
Le bassin, RAS si ce n'est qu'il a fallu souvent refaire le niveau
Rien à dire de cette photo, je l'ai mise juste pour me rappeler qu'en temps ordinaire, un jardin est vert.
Très très souvent arrosé aussi tout ça pour avoir cet effet.
Idem ici, au goutte à goutte mais faut que je révise tout le circuit.
Bon, comme je ne vais pas mégoter sur mon argumentaire, je vous conseille vivement de brancher vos batteries : 
j'ai décidé d'arrêter de jardiner. Oui, rien que ça. Tenter la création de scènes végétales gracieuses, investir beaucoup de temps, d'énergie et d'argent dans le seul espoir de savourer de jolies vues, de me prélasser dans un écrin de verdure en ville puis passer 4 longs mois dans l'angoisse de tout voir crever,  vivre l'enfer des arrosages quotidiens est devenu copieusement insupportable cet été. Et encore, je suis chanceuse dans mon malheur car Henri a assuré un max d'arrosages et a porté une attention quotidienne au jardin. (Henri, z'êtes le best jardinier du Gard !) Rappelez-vous, j'avais déjà éprouvé ce découragement pendant l'été 2015 mais j'avais refusé de renoncer dès que la pluie de fin août m'avait laissé respirer. Eh oui, j'avais la naïveté de croire que j'avais subi un phénomène exceptionnel. 2 ans plus tard, après 4 mois sans pluie en ce 8ème jour de septembre, les prévisions restent au beau fixe douceur/soleil/vent/moustiques (oups, je mens : ils annoncent, peut-être-mais-c'est-vraiment-pas-sûr-du-tout, 0,3 mm pour samedi). Les dégâts sont considérables dans mon département. Je n'ai pas eu le temps faire des photos de toutes ces haies de persistants (photinias, lauriers palme, eleagnus, pittosporum etc), de ces fruitiers, de ces vieux arbres, de ces Viornes Tin, de ces bambous raides morts partout dans ma ville et tout autour. Une désolation sans nom. 
Bien sûr, je ne conteste pas qu'un jardin sec travaillé, comme on peut le voir chez Françoise, fonctionne à merveille....lorsque le paysage environnant est en cohérence avec ce type de création. Or, je vis en milieu urbain et la beauté d'un jardin sec avec ses plantes en dormance l'été friserait le ridicule vs moche chez moi : trop plat, point d'horizon ouvert, vallonné, pas de dialogue avec un environnement flatteur, quoi ! Il n'y a que ma terre archi pauvre qui rentrerait pile poil dans les critères mais bref...ça le ferait pas. De plus, les seuls arbustes susceptibles de résister aux ardeurs des 43° sans un seul orage salvateur (je dis bien susceptibles car j'en ai vu de bien rétamés dans les maisons voisines) sont les lauriers roses mais j'avoue que j'ai fait une overdose de ces espèces dans ma précédente maison où les proprio n'avaient planté que ça ; ok, il y a aussi les pistachiers lentisques (j'en ai perdu un cet été, c'est insultant !) ou les filaires (à moitié crevés aussi chez moi) mais pffffff, je n'ai même plus envie de creuser le sujet. Ici rien ne fonctionne sans arrosage. Même ce que j'ai planté il y a plus de 3 ans, même si j'ai toujours principalement choisi des sujets réputés pour leur bonne résistance au sec. Rien. Si la plupart des plantes chez moi sont encore en vie à ce jour, c'est que nous les avons abreuvées régulièrement (je n'ose imaginer la facture d'eau à venir). J'ai bien sûr utilisé la meilleure façon d'arroser qui est préconisée : tard le soir et abondamment mais rien n'y fait ; 2 jours après, tout pendouille lamentablement et c'est toujours d'actualité aujourd'hui. L'Homme m'a avoué délicatement cet été : "Tu fais chier tout le monde avec ton jardin"... C'est pas faux. Et comme ce n'était pas mon intention, je rétrograde : Dès que la terre sera assouplie par quelques pluies (soit en...je sais paaas...novembre ? décembre ? 2022 ?), je vais donc remanier le jardin une ultime fois en rapprochant un maximum de plantes dans les massifs pourvus d'arrosages au goutte à goutte et je vais éliminer les autres massifs. S'il me reste des végétaux incasables, je les vendrai sur un marché aux puces au printemps prochain car c'est au-dessus de mes forces de les regarder calancher sans réagir et de penser en plus aux sommes dingues que j'ai investies pour si piètre résultat. Je n'en peux plus d'être sur le qui-vive en permanence pour de basses questions d'hydratation. 
Pas glop tout ça hein ? Sachez quand même que je ne suis pas non plus au 36ème dessous en racontant ce virage à 360° (voyez comme je suis obsédée par les degrés) dans ma vie de jardinière (je précise "vie de jardinière" car dans ma vie de bonne vivante, je tourne juste aux 12, 13 ou 14° du vin). Ma décision est très réfléchie, lucide comme je me plais à le dire. J'ai essayé de faire au mieux pendant 6 années et j'en suis d'ailleurs très fière mais le déplaisir a fini par prendre le dessus. La désertification arrive doucement et jardiner dans le Gard est une folie non constructive. Arf, ça me dérange pas de passer pour la plus timbrée des timbrées mais pas au bout d'un tuyau d'arrosage, ah ça non, j'ai ma dignité bon sang !
J'ajoute aussi que d'autres événements, beaucoup plus graves, m'ont touchée en plein cœur tout l'été ; je relativise donc plus facilement tout ce qui peut arriver côté jardin.
Bien sûr, je repasserai de temps en temps par mon blog pour vous faire suivre encore l'évolution de mon jardin car je compte bien entretenir et maîtriser sagement ce qu'il restera de végétaux ; je serai toujours ravie de vous montrer une jolie floraison (on sait jamais...) ou un sujet qui a miraculeusement réussi à pousser normalement mais l'excitation d'une nouvelle plante, d'un nouvel arbuste, d'un nouveau massif, mon acharnement et ma persévérance à essayer d'embellir, tout ça s'est définitivement éteint. Ma passion pour les jardins passera exclusivement par mes visites des vôtres en virtuel et je sais qu'à la moindre occaz je foncerai en visiter en vrai. Je ne perdrai pas le fil de la discussion, croyez-le bien mais je me limiterai aux frontières de la théorie-plaisir-des-yeux sans pénétrer dans le pays de la pratique. 
Je vous souhaite un automne magnifique, de belles rasades de pluie, une santé de vert euh...de fer car ça reste le meilleur terreau des passionnées(és).
Très amicalement,

La jardinière en herbe sèche forever

vendredi 7 juillet 2017

Donne moi ta main

          Mieux que la plus belle histoire de princesse, mieux que la plus belle fête du monde, mieux que Noël : Aujourd'hui, pour ma Tornade, c'était le dernier jour de classe. Je l'ai accompagnée, tenant précieusement d'une main les cadeaux pour les maîtresses et de l'autre le cartable, aussi léger aujourd'hui que le cœur de sa petite propriétaire. Comme chaque jour, nous avons parcouru à pied les 800 mètres qui séparent notre maison de l'école. En chemin, comme chaque jour aussi, nous nous sommes arrêtées devant le portail du logis de la mascotte de ma fille : Perline, une jeune chienne trop mimi qu'on adore et c'est probablement réciproque si on en croit les fêtes et les pipis de joie dont elle nous inonde dès qu'elle nous voit. Après cet habituel échange senteur clébard, nous sommes arrivées devant la porte de l'école. Depuis lundi, le directeur, qui fait l'accueil tous les matins de l'année, est en mode détendu et c'est un plaisir de partager quelques mots, quelques blagues avec lui... Comme beaucoup d'enfants ont déjà déserté l'école cette semaine, ceux qui restent vivent des instants privilégiés avec les enseignants, les copines et copains. Ils se fabriquent là leurs plus beaux souvenirs d'école élémentaire, foi d'une ex-adoratrice des derniers jours d'école ! Ce matin, ma fille n'a pas eu un seul voile de tristesse ou d'inquiétude dans les yeux lorsqu'on s'est séparé avec le tradi-bisou-à-c't-aprèm-à-la-sortie ; son visage et son regard resplendissaient simplement de promesses de grandes vacances. Pendant mon retour à la maison, mes yeux à moi devaient refléter l'allégresse de ma grande Puce de bientôt 8 ans mais je peux pas vraiment vous le jurer car je ne chemine pas en faisant des selfies. Bien que n'en étant personnellement pas encore à mon dernier jour du reste du travail, arrivée à la maison, je me suis accordé un prélude aux vacances : j'ai siroté un café sur ma terrasse (preuve manifeste que je bois pas que du rosé, l'été !), j'ai sorti mon vieil APN en bout de course et j'ai "selfier" le jardin, promesse d'un été très chaud, très très très sec, parfumé et very peinard. 
les parasols paillote ont rendu l'âme...enfin...leurs franges et j'ai remplacé dans l'urgence par des parasols de plage à la sobre couleur taupe. C'est pas le meilleur choix mais je verrai plus tard pour un look plus classe (je dis aussi ça pour mes tenues vestimentaires)
Depuis longtemps, Michèle avait envie d'un bougainvillier. Elle a craqué mais l'a prudemment installé en pot parce qu'on n'est pas en climat Côte d'Azur et faudra le rentrer cet hiver.
Dans le nouveau massif sec : Venidium Arctotis qui palit de plus en plus sous les rayons ardents. Par contre, une fois bien installée, cette plante a une excellente résistance au sec. Faudra voir la résistance au froid...
ça, j'ai oubié le nom mais ça résiste aussi au sec et la couleur est tonique sous le soleil.

Un rosier miminiature, bouture de ma chère Caro qui a résisté à l'hiver (la bouture hein, pas Caro) et devrait résister à l'été si je soigne mes arrosages : Mélanie Foucart.
Cette année, j'ai arrêté de compter les fleurs de nénuphars : y en a continuellement depuis des semaines.
Heureusement que tout s'était généreusement développé au printemps car depuis quelques semaines c'est régime sec
Une des arches métal nouvellement installée commence à plaire à l'ipomée vivace qui s'enroule langoureusement à elle. Bon, elle souffre aussi du violent soleil et de la chaleur mais offre gentillement ses fleurs bleues quotidiennes. Derrière le miscanthus dont le port fontaine me plait bien, le Paulownia pousse doucettement pour son 1er printemps.
Un ami s'est débarrassé de cette ancienne machine à coudre. N'ayant ni la place ni l'envie de la mettre à l'intérieur, je m'en sers de tuteur au rosier The Fairy
 Mes Amies, mes Amis, je ne suis plus blogconnectée depuis quelques temps ; les priorités professionnelles sont passées par dessus tout. Tiens, d'ailleurs, faudra qu'un jour je vous raconte que mes chères collègues de la Sarthe m'ont offert la visite du sublime jardin d'atmosphère "Le Petit Bordeaux" avec le livre dédicacé de ses propriétaires s'il vous plait. Comme quoi, mon nouveau job me permet de conjuguer 2 passions : la radio et les jardins ! Pour tout vous expliquer, entre janvier et aujourd'hui, j'ai bossé dans l'Isère, en région parisienne, en Corse, en Bretagne, dans les Landes, en Sarthe...et j'ai toujours une tonne de travail quand je rentre chez moi. Bref, une vie professionnelle que j'adore pour son côté si riche en déplacements, découvertes et rencontres !
Vous comprendrez que je ne sais fichtre pas à quel moment je pourrai revenir par ici car ce rythme devrait durer. Je pense fort à vous toutes et tous. Prenez soin de vous, de vos jardins et passez un merveilleux été 2017. 
Je vous embrasse.
La jardinière en herbe et sa cloche qui a sonné

samedi 6 mai 2017

Motivée

  
Ah non hein, comptez pas sur moi pour vous proposer un billet politico/pas/rigolo aujourd'hui ! Le CSA l'interdit formellement ce week-end. Donc c'est pas cette fois que je vous expliquerai que le pen s'écrit en minuscules parce qu'on ne met des majuscules qu'aux noms PROPRES...
Et hop, je passe à mon sujet du jour, motivée.

    Sans rentrer dans les détails car ce serait laborieux à décrire, on ne peut pas dire que je sois une voisine très populaire aux yeux des habitants des 4 maisons qui encerclent mon jardin : Là où nous avons installé la piscine, la voisine a déclaré que nous manquions de respect. Là où j'ai mis la 1ère haie, j'ai surpris le voisin en train de jeter très rageusement chez moi tous les escargots qu'il trouvait chez lui. Là où j'ai posé les canisses et où il y a aussi le vieux tilleul, les voisins insinuent mesquinement que ce n'est pas « normal » de vouloir s'isoler des regards, pis que le tilleul est trop grand, qu'il perd ses feuilles, boit l'eau de leurs rosiers et de leurs iris (outch, ils me prennent pour une vraie débutante), que les bambous vont défoncer le muret de clôture (ça m'étonnerait : la fondation du mur fait barrière) et que les 20 cm de bouts de ronces que j'ai laissés, malheur à moi, parce que j'ai trouvé un hérisson installé dessous, les emmerdent et blabla et blabla. Pour résumer, je suis la locataire par qui le scandale arrive. Jusqu'ici, j'ai toujours fait la sourde oreille (au sens propre comme au figuré) et j'ai même continué sereinement mes plantations tout au long du mois de mars. J'étais très satisfaite de mes choix raisonnés avec plein de végétaux adaptés à mon climat sec ; j'avais entre autres ajouté un très grand laurier rose sur tige pour achever la haie du seul truc qui me dérange franchement dans le jardin : le vis à vis très important. Oui, je peux affirmer que je suis celle, dans notre maison, qui passe le plus de temps dans le jardin et croyez-moi, c'est souvent pesant de travailler en sentant le regard de X personnes sur leur balcon ou derrière leur fenêtre et/ou la présence si proche de 2 autres qu'une fine séparation de canisses n'éloignent que de façon infime. Bien sûr, ces vis à vis m'avaient sauté aux yeux lors de ma 1ère visite. Pourtant, j'étais certaine que j'arriverais à intimiser la parcelle en 4 ou 5 ans et que je pourrais me poser dans le jardin sans avoir un potentiel de tant de paires de mirettes qui balaieraient le paysage en même temps que moi. Je me suis gourée. Il y a 2 semaines, après une ultime remarque affligeante de bêtise d'un des voisins, je me suis inclinée. D'une part, mal à l'aise de me dire que j'avais perturbé le quotidien de tous ces gens âgés qui avaient pour habitude d'avoir une vue dégagée sur mon jardin dont j'ai tenté de les priver en 5 ans, j'ai réalisé que les étages de leurs maisons auront toujours, de toute façon, une vue plongeante chez moi. Bilan des courses, j'étais à 2 doigts de cesser d'essayer d'enrichir mon jardin et j'ai même failli arracher toutes mes plantations pour restituer la vue aux voisins tant j'étais dépitée par mon échec. Le jardinage est une activité pacifiste donc la guerre avec les voisins, très peu pour moi. Soit j'acceptais l'idée de vivre aux nez et aux barbes des voisins (hommes et femmes confondus) pendant le temps que je passerai encore ici et j'arrêtais toute tentative d'embellissement (donc sévère punition pour moi), soit je trouvais une solution pour profiter un peu du jardin avec une dose d'intimité. Passé les 1ères heures de lassitude et rancœur mêlées, j'ai choisi la seconde option.  J'ai tourné ça dans tous les sens et, tadaaaaa, j'ai eu une nouvelle idée : puisque le jardin se divise en 2 zones, une en graviers tout venant gris assez tristouille pour les voitures et l'autre, près des voisins, qui constitue le jardin d'agrément, si j'inversais le truc ? Transformer une grosse partie de la zone verte en parking et investir les abords directs de la maison avec des plantations hautes casserait ce fameux vis à vis plongeant et n'importunerait plus les voisins, non ? En plus, avec Michèle, ça fait plusieurs années qu'on se dit que nos voitures sont bien trop visibles dès l'arrivée et obstruent notre propre vue vers notre jardin. On avait trouvé une solution assez satisfaisante mais les véhicules restaient très visibles et recoupaient encore le jardin en 2.  
Ce projet de redistribution de l'espace pour plus de cohérence m'anime voire me réanime mais ça fait beaucoup de plantes à déplacer (et ce n'est plus vraiment la saison), la balançoire à recaser ailleurs, beaucoup de terre à bouger. Même pas peur ! Et à cette heure, je l'ai déjà fait en partie. Ah bé oui hein, quand on est vénère, ça décuple l'énergie. Une 2ème tranche devra cependant attendre l'automne car déplacer un abricotier et un cerisier maintenant, c'est leur crevage assuré. Voilà l'histoire ! J'ai saisi au vol de fin avril ma dernière chance de pouvoir poursuivre ma passion du jardinage dans une ambiance apaisée ! Allez avec les photos, ça sera plus clair…. j'espère :   
En 2011. J'arrivais. Je commençais maladroitement à planter des haies en espérant m'isoler des regards et atténuer les parcelles des voisins qui brouillaient la structure que je souhaitais mettre en œuvre.

hiver 2011/2012. Même en plantant les plus beaux spécimens du monde, si le regard file vers des éléments dissonants comme les récupérateurs d'eau volumineux des voisins, les fils d'étendage de chacun, les salons de jardin tout plastique année 80, le brise-vue vert etc., c'est un flop. Ce sont les aléas des maisons de ville, j'en suis très consciente mais que voulez-vous, je m'accroche parce que j'adore vivre à proximité de tout et j'aime mon logis, mon jardin et mes proprio donc j'ai envie de rester là ; pour vous dire à quel point ce contexte de vis à vis est prégnant,  aujourd'hui, lorsque des amis viennent pour la 1ère fois, ils ne remarquent pas forcément mes plantations puisque ce sont nos voitures qui sont visibles en priorité puis le regard fuit immanquablement vers la hauteur, soit les 4 maisons qui encerclent le jardin) et les impressions de mes potes, c'est plutôt : "dis-donc, y a un paquet de vis à vis ici. C'est pas trop gênant au quotidien ?" Ahem...
L'idée c'est donc d'enlever la balançoire et d'aller parquer nos voitures sur cette bande qui fait environ 11 mètres de large sur 25 de long. Ensuite, il faut garnir le massif blanc pas que blanc (qu'on voit juste devant la balançoire) d'arbres et arbustes à grand développement et persistants pour les 2/3.
Ici, j'ai donc déjà viré une grosse partie des massifs et de la déco bac/escabeau bois et ça donne....


...ça pour y accéder en voiture
C'est ici que nous stationnerons nos véhicules après que j'ai totalement dégagé l'espace (les fraises et l'abricotier seront déplacés en automne) et je ferai livrer du gravier après avoir posé un voile géotextile. Ainsi les voisins auront une vue dégagée...sur nos voitures mais ils ont l'air de préférer ça, question de culture... D'ailleurs, j'ai déjà essayé :



                 Quant à l'ancien espace parking, eh bien il va devenir jardin de plantes méditerranéennes et ouvrira la perspective vers le jardin vert. Bon, il y a beaucoup de remblai et même du bitume par endroit. Il faut donc l'attaquer au marteau piqueur avant de planter. Aucune plante n'est compatible avec pareil terrain. Siiiii, j'en suis sûre :  avec les mots clés "planter sur du bitume" sur mon moteur de recherche, je n'ai trouvé que des sites sur les accidents de la route ou le journal intime d'une ex-prostituée de la nationale 106. Donc aujourd'hui, c'est ..                                              ...déjà comme ça (vu depuis le nouvel emplacement de la balançoire, désormais à côté de la cabane) : On s'est même improvisé une petite terrasse repos avec des tapis outdoor, des chaises longues, un guéridon et une guirlande guinguette accrochée au Mélia. Mélia qui avait été planté à l'automne et que j'avais choisi pour faire de l'ombre aux voitures au plus fort de l'été...
Tiens, je sais pas si vous vous souvenez mais j'avais aussi fait des massifs "alerte rouge" avec des santolines (à droite du mûrier vers le fond). J'ai considérablement réduit l'un des 2 pour l'accès aux voitures et le tour est joué.
Le tilleul est un très bel écran pour nous. Mais c'est cet arbre qui chagrine le plus les voisins et je pense, hélas, qu'ils obligeront Michèle à le réduire tôt ou tard. Même si un arbre passe sous la règlementation "arbre déjà présent au moment de la division des parcelles et de la construction des pavillons" (ce tilleul doit avoir 70 ou 80 ans), quand ça fout la zizanie, faut pas insister.

Dans le massif blanc, j'ai rapatrié le laurier rose que je venais de planter dans la haie du fond quelques jours auparavant. J'ai également déplacé l'eucalyptus et j'ai ajouté des bouleaux pendula (plantés en bac pour gagner un peu de hauteur) parce qu'ils étaient assez grands et pas trop chers. Pour l'instant, ça ne masque pas vraiment mais ça floute un peu le vis à vis. J'ai aussi rajouté de jolis arbustes et ça je vous en parlerai une autre fois quand ça aura un peu pris du volume. Il me faut maintenant attendre l'automne pour étoffer tout ça avec d'autres persistants. Et à terme, nous ne verrons plus nos propres voitures et un peu moins les maisons voisines...
Toute cette histoire m'a "obligé" à agrandir les massifs existants. Déplacer des plantes à la fin avril était très risqué et ce n'est pas encore gagné mais pour l'instant, tout se porte bien. Faut dire que le temps a joué en ma faveur puisqu'il n'a fait ni trop chaud, ni trop sec.  Ici par exemple, j'ai installé des plantes à floraison jaune et ça fait un massif doré, pourpre et gris qui me plaît beaucoup.
    Au final, ce début de nouveau jardin me laisse pleine d'espoir et de motivation pour l'évolution de ma passion. Alors merci qui ? Merci à vous, les voisins ! Sans rancune hein ?!
Hey, mes amies et amis jardinautes, ça vous est arrivé à vous d'être confronté à un souci de voisinage à cause de votre jardin ? Arf, en même temps, il vaut mieux se frotter à ses voisins avec des ronces que se cogner une GROSSE CONNASSE (là, oui, les majuscules sont correctes) pendant 5 ans avec des bulletins de vote.

    Zou, c'est finito pour aujourd'hui ! Je viens pas souvent mais qu'est ce que je suis bavarde hein ?
J'espère passer chez vous pendant mon long week-end annoncé pluvieux.
Bien à vous !

La jardinière en herbe, voisine motivée